Locataires : votre facture d’énergie est trop chère ? Voici les leviers que votre propriétaire ne peut pas ignorer

Le locataire paie la facture, mais ne tient pas toujours les clés du chantier

C’est l’une des petites cruautés du logement loué. Le locataire reçoit la facture d’énergie, mais il n’a pas toujours la main sur l’isolation, le chauffage, les fenêtres, la ventilation ou le ballon d’eau chaude. Il peut baisser le thermostat, suivre sa consommation, couper les veilles et installer des rideaux thermiques. Mais il ne va pas, un samedi matin, décider d’isoler les murs par l’extérieur entre deux lessives, sauf à vouloir transformer son bail en roman judiciaire.

L’article publié par Effy le rappelle avec justesse : quand on loue un logement, on dispose de moins de marge pour engager de gros travaux de performance énergétique. Pourtant, plusieurs leviers existent pour réduire la facture, depuis le suivi de consommation jusqu’au changement de contrat d’énergie, en passant par les équipements démontables, l’accord du propriétaire pour des travaux et les recours possibles en cas de passoire thermique. 

Mais le vrai sujet est ailleurs. Si les conseils aux locataires sont utiles, ils révèlent surtout une tension plus profonde : la facture d’énergie est de plus en plus partagée entre deux responsabilités. Le locataire doit maîtriser ses usages. Le propriétaire, lui, ne peut plus faire semblant que la performance du logement est un détail de confort, rangé quelque part entre la couleur du carrelage et la poignée de la cuisine.

Suivre sa consommation : la facture commence par une enquête

Avant de réduire une consommation, encore faut-il savoir où elle part. Effy conseille de suivre sa consommation grâce aux outils proposés par les fournisseurs d’énergie, afin d’identifier les pics et les usages les plus coûteux. C’est un point de départ simple, presque scolaire, mais redoutablement utile. Une facture énergétique, ce n’est pas seulement un montant final. C’est une scène de crime domestique. Et le coupable se cache souvent dans les habitudes : chauffage trop haut, ballon mal réglé, appareils en veille, cuisson mal optimisée, usage d’eau chaude plus généreux que nécessaire. 

Effy rappelle que le chauffage représente 66 % des dépenses d’énergie selon l’ADEME. C’est donc là que le levier est le plus lourd. Chauffer à 19 °C dans les pièces à vivre et à 17 °C dans les chambres permet de garder une consigne cohérente, sans transformer le logement en hammam subventionné par EDF. Effy rappelle aussi qu’un degré de chauffage en moins peut permettre environ 7 % d’économies. Le chiffre est connu, mais il mérite d’être répété : dans un logement chauffé trop haut, chaque degré supplémentaire a la délicatesse d’un invité qui reste dîner sans prévenir. 

Le ballon d’eau chaude mérite lui aussi son interrogatoire. Effy recommande un réglage à 55 °C, suffisant pour limiter le développement bactérien tout en évitant de chauffer inutilement l’eau. Là encore, l’économie n’est pas un renoncement au confort. C’est un réglage juste. Une température trop haute ne rend pas la douche plus morale. Elle rend surtout la facture plus bavarde. 

Les appareils en veille : ces petits vampires qui ne paient jamais le loyer

Les appareils électriques en veille ont un talent assez particulier : ils consomment sans rendre service. Téléviseur, box, console, ordinateur, chargeurs, multiprises lumineuses, assistants divers et variés : tout ce petit monde continue de grignoter de l’électricité pendant que le locataire croit avoir éteint la maison.

Effy cite l’ADEME : éteindre les appareils en veille peut permettre jusqu’à 15 % d’économie sur la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 € par an. Le chiffre n’est pas ridicule. Il rappelle qu’une partie de la sobriété énergétique ne demande ni échafaudage, ni devis, ni assemblée générale de copropriété. Une multiprise avec interrupteur suffit parfois à remettre un peu d’ordre dans la basse-cour électrique. 

Mais là encore, il faut garder la hiérarchie. Couper les veilles est utile. Ce n’est pas cela qui corrigera un logement mal isolé, une chaudière poussive ou des fenêtres qui sifflent au moindre courant d’air. Les petits gestes réduisent la facture. Ils ne doivent pas servir d’alibi à une mauvaise enveloppe thermique.

Changer de fournisseur : le geste le moins spectaculaire, parfois le plus rapide

L’autre conseil d’Effy est d’une simplicité désarmante : regarder son contrat d’énergie. Depuis 2007, le marché de l’énergie est ouvert à la concurrence, et un particulier peut changer de fournisseur librement et gratuitement. Le changement se fait sans coupure ni intervention physique, à distance via le gestionnaire de réseau, et les contrats résidentiels sont sans engagement. 

C’est probablement l’un des gestes les moins romantiques du logement. Personne ne se lève le matin en rêvant de comparer des offres d’électricité, sauf peut-être un tableur devenu sensible. Pourtant, le sujet peut compter. Une offre mal adaptée, une option tarifaire peu pertinente, une puissance souscrite excessive ou un abonnement qui ne correspond pas aux usages peuvent peser sur la facture.

Effy recommande d’utiliser le comparateur du Médiateur national de l’énergie. C’est le bon réflexe, car il évite de se laisser guider uniquement par une promesse commerciale plus lumineuse qu’une ampoule LED dans un showroom. 

Les équipements démontables : le terrain d’action du locataire malin

Le locataire ne peut pas décider seul d’une rénovation lourde. En revanche, il peut agir sur des équipements démontables. Effy cite notamment le thermostat programmable, les rideaux thermiques et isolants, ainsi que les éclairages LED, jusqu’à 80 % plus économes que les ampoules classiques. 

Ce sont des gestes intéressants parce qu’ils respectent la logique locative : améliorer l’usage sans modifier durablement le bien. Un thermostat programmable permet de chauffer quand il faut, où il faut, sans demander au radiateur de maintenir une température de représentation diplomatique pendant que personne n’est là. Les rideaux thermiques peuvent réduire la sensation de paroi froide ou limiter certaines déperditions ressenties. Les LED, elles, ont au moins le mérite de consommer moins sans exiger une réunion familiale.

Effy mentionne aussi les kits solaires plug and play, qui peuvent se brancher facilement et être emportés lors d’un déménagement. Le sujet est intéressant, mais il demande prudence et bon sens : production réelle, exposition, sécurité électrique, règlement de copropriété, autorisations éventuelles, usage du balcon ou de la terrasse. Le solaire de locataire peut être pertinent, mais il doit rester un projet proprement installé, pas une improvisation de dimanche entre un barbecue et une rallonge fatiguée. 

Les travaux avec accord du propriétaire : là où la vraie facture commence à se jouer

Le locataire peut faire des gestes. Mais le logement, lui, appartient au propriétaire. Et lorsque le bien est réellement énergivore, la question finit toujours par revenir à la rénovation. Effy rappelle qu’un locataire peut demander à son propriétaire d’engager des travaux, ou les réaliser lui-même avec son accord, notamment s’il prévoit de rester longtemps dans le logement. Le site précise également que certaines aides concernent les propriétaires bailleurs, comme MaPrimeRénov’ ou la Prime Effy, et que la Prime Effy peut aussi être accessible aux locataires. 

C’est ici que le discours doit devenir plus ferme. Un logement énergivore ne peut pas être traité uniquement par des écogestes. Demander au locataire de compenser par son comportement un bâti défaillant revient à lui confier une serpillière pendant que le plafond fuit. Cela peut limiter les dégâts, pas réparer la cause.

Pour un propriétaire bailleur, la performance énergétique n’est plus une option patrimoniale lointaine. Elle touche à la valeur du bien, à sa capacité à être loué, à la satisfaction du locataire et, de plus en plus, à sa conformité réglementaire. Le DPE devient donc un document central. Il ne dit pas seulement si le logement consomme beaucoup. Il signale aussi si le bien entre dans une zone de risque juridique, économique ou locatif.

Passoire thermique : le recours du locataire n’est plus une menace théorique

Effy rappelle un point déterminant : depuis la loi Climat et Résilience, la performance énergétique est devenue un critère de décence pour louer un logement vide ou meublé à titre de résidence principale en France métropolitaine. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location, mais cette interdiction s’applique au renouvellement du bail pour les logements vides, à la reconduction annuelle du contrat pour les locations meublées, ou lors de la conclusion d’un nouveau bail. 

Cela signifie qu’un locataire d’un logement classé G, dans les situations concernées, peut demander la mise en conformité du logement par la réalisation de travaux d’amélioration de la performance énergétique. Le mot “demander” est important. Il ne s’agit plus seulement de râler contre une facture. Il s’agit de s’appuyer sur un cadre légal qui a progressivement déplacé la performance énergétique du registre du confort vers celui de la décence. 

La nuance politique du moment ne doit pas brouiller ce point. Même si le gouvernement envisage des assouplissements sur la remise en location de certains logements F et G sous conditions de travaux, le DPE reste l’instrument de référence. Le bailleur qui espère gagner du temps ne doit pas confondre respiration réglementaire et disparition du problème. Une passoire thermique reste une passoire thermique, même si on lui accorde un sursis en costume-cravate.

Le locataire n’est pas condamné à subir, mais il ne peut pas tout porter

L’article d’Effy a le mérite de donner des gestes concrets. Suivi de consommation, thermostat, baisse de température, ballon à 55 °C, extinction des veilles, changement d’offre, petits équipements, dialogue avec le bailleur, recours en cas de logement indécent énergétiquement : la boîte à outils existe. 

Mais le vrai angle immobilier est plus large. Le locataire peut optimiser. Il ne peut pas transformer seul un logement mal conçu. Les gestes quotidiens sont efficaces lorsqu’ils accompagnent un logement correct. Ils deviennent frustrants lorsqu’ils servent à compenser une mauvaise isolation, un chauffage dépassé, une ventilation inexistante ou une enveloppe thermique fatiguée.

C’est là que FranceDiagnostic.immo doit poser la question franchement : combien de factures élevées relèvent d’un mauvais usage, et combien relèvent d’un logement qui devrait être rénové ? Le suivi de consommation permet parfois de répondre. Le DPE, lui, apporte la lecture technique de départ.

Le DPE location devient la pièce que personne ne peut plus ignorer

Dans une location, le DPE n’est plus un document de courtoisie. Il doit être fourni dans le cadre du dossier de diagnostic technique. Il informe le locataire, engage le bailleur et influence la valeur d’usage du logement. Pour tout comprendre sur le dossier complet à remettre au locataire, notre guide sur le DDT location permet de replacer le DPE avec les autres diagnostics obligatoires.

La logique est simple : le locataire doit pouvoir savoir dans quel logement il entre. Le bailleur doit pouvoir prouver ce qu’il loue. Et si le bien est mal classé, tout le monde doit comprendre que la facture d’énergie n’est plus seulement une affaire privée entre un radiateur et un compteur.

La bonne lecture : petits gestes pour le locataire, gros signal pour le propriétaire

Les astuces d’Effy sont utiles parce qu’elles donnent de l’action immédiate. Mais leur portée dépasse le simple conseil pratique. Elles montrent que la facture d’énergie devient un sujet de dialogue, parfois de tension, entre locataire et propriétaire.

Le locataire peut faire sa part : régler, comparer, éteindre, programmer, installer des équipements simples, surveiller sa consommation. Le propriétaire doit faire la sienne : fournir un logement décent, regarder son DPE, anticiper les travaux, ne pas attendre que la réglementation tape à la porte avec ses chaussures sales.

Dans un marché locatif tendu, la tentation est forte de croire que tout se louera toujours. Mauvais calcul. Les locataires deviennent plus attentifs, les factures pèsent plus lourd, les diagnostics parlent plus fort, et les passoires thermiques ne se cachent plus derrière une annonce bien rédigée.

FAQ

Comment un locataire peut-il faire baisser sa facture d’énergie ?

Un locataire peut suivre sa consommation, régler correctement son chauffage, comparer les offres d’énergie, éteindre les appareils en veille, installer des équipements démontables comme des rideaux thermiques ou des LED, et demander des travaux au propriétaire lorsque le logement est énergivore. 

Quelle température de chauffage est recommandée pour économiser ?

Effy rappelle qu’il est recommandé de chauffer à 19 °C dans les pièces à vivre et à 17 °C dans les chambres. Baisser le chauffage d’un degré peut permettre environ 7 % d’économies. 

Un locataire peut-il changer de fournisseur d’énergie ?

Oui. Un locataire peut changer librement et gratuitement de fournisseur d’énergie. Le changement se fait sans coupure ni intervention physique, et les contrats résidentiels sont sans engagement. 

Quels équipements un locataire peut-il installer sans gros travaux ?

Un locataire peut installer des équipements démontables comme un thermostat programmable, des rideaux thermiques, des ampoules LED ou, selon les conditions du logement, un kit solaire plug and play. 

Un locataire peut-il demander des travaux de rénovation énergétique ?

Oui. Si le logement est énergivore, le locataire peut demander au propriétaire d’engager des travaux. Il peut aussi, dans certains cas, réaliser des travaux lui-même avec l’accord du propriétaire. 

Que peut faire un locataire dans une passoire thermique ?

Si le logement est classé G et concerné par l’interdiction de location, le locataire peut demander la mise en conformité du logement au propriétaire, notamment par des travaux d’amélioration énergétique. 

Le DPE est-il important pour un locataire ?

Oui. Le DPE permet au locataire d’évaluer la performance énergétique du logement, d’anticiper ses dépenses et de repérer un éventuel risque de passoire thermique. C’est une pièce importante du dossier de diagnostic technique en location.

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