Passoires thermiques F ou G : l’interdiction de louer se desserre

Le gouvernement a choisi de desserrer l’étau. Jeudi 23 avril 2026, l’exécutif a annoncé un assouplissement de l’interdiction de louer les logements classés F ou G, ces fameuses passoires thermiques que la loi avait progressivement poussées vers la sortie du parc locatif. Derrière la formule, il y a un enjeu très concret : des bailleurs qui redoutent la vacance, des locataires en attente d’un toit, et un marché déjà tendu dans de nombreuses villes.

Pour les propriétaires, la question n’est plus théorique. Faut-il retirer le bien du marché, engager des travaux, renégocier un loyer, ou attendre les précisions réglementaires ? Ce qui se joue maintenant, c’est la capacité à louer sans se retrouver hors des clous. Et, au passage, à vendre dans de bonnes conditions un logement dont l’étiquette énergétique reste scrutée de près.

Ce que change l’annonce pour les bailleurs

Le principe reste celui d’une pression forte sur les logements les plus énergivores. Mais l’annonce du 23 avril marque un infléchissement : les biens classés F ou G pourraient être remis en location à condition d’engager des travaux dans un délai fixé par le texte à venir. Autrement dit, l’interdiction de louer ne disparaît pas ; elle devient moins brutale, plus conditionnelle, plus négociée.

C’est une nuance décisive pour les bailleurs privés, souvent propriétaires d’un seul appartement, parfois peu armés pour absorber une année sans recette locative. Dans les zones où la demande reste vive, le risque de vacance prolongée est déjà une menace. Dans les secteurs plus fragiles, la moindre contrainte réglementaire peut suffire à faire basculer un petit patrimoine dans l’arbitrage forcé : vendre, rénover ou laisser vide.

La lecture politique est claire : l’exécutif tente de répondre à la pénurie locative sans renoncer complètement à l’objectif de rénovation énergétique. Le compromis est classique dans le logement français : on serre, puis on desserre, pour éviter que la règle ne provoque un effet de mur.

Vente, location, travaux : trois chemins, trois effets

Pour un propriétaire, la première question est simple : dans quel état juridique se trouve le logement ? S’il est classé F ou G, le calendrier de mise en location compte autant que la qualité du bien. Un dossier de vente ne se lit pas comme un dossier locatif. En vente, la performance énergétique pèse sur la négociation et sur la décote éventuelle. En location, elle peut désormais conditionner la remise sur le marché, selon les précisions qui seront apportées par le texte.

Le vendeur, lui, doit intégrer un autre paramètre : un logement énergivore n’est pas seulement plus difficile à louer, il peut aussi se vendre plus lentement, avec davantage de marge de négociation. Les acquéreurs anticipent les dépenses à venir, les aides à mobiliser, les contraintes techniques et le temps nécessaire pour remettre le bien à niveau.

C’est là que le marché se tend. Un propriétaire qui pense pouvoir attendre est parfois rattrapé par la réalité du calendrier. Un chantier de rénovation ne se décide pas en un clic. Il faut un diagnostic fiable, des devis, une hiérarchie des travaux, parfois l’accord de la copropriété, et surtout un financement. Les banques, elles, ne prêtent pas avec enthousiasme à un bien déjà fragilisé par sa consommation énergétique.

Ce qu’il faut vérifier maintenant avant de signer ou publier une annonce

Le mot d’ordre, pour les bailleurs comme pour les vendeurs, tient en peu de choses : vérifier avant d’agir. D’abord le classement exact du logement. F et G sont tous deux visés, mais la situation concrète dépend du type de location, de la date du DPE et du calendrier réglementaire applicable. Ensuite, il faut regarder si le bien peut être loué immédiatement, s’il doit faire l’objet de travaux, ou s’il relève d’un cas particulier.

La publication d’une annonce ne doit rien laisser au flou. Un logement mal positionné sur le plan énergétique peut exposer son propriétaire à des blocages, à des retards de signature, voire à un contentieux avec un locataire qui découvre une situation différente de celle promise. Le sujet n’est pas seulement administratif : il est financier, contractuel et patrimonial.

Dans la pratique, la bonne séquence reste la même : faire le point sur l’étiquette énergétique, estimer le coût réel des travaux, mesurer l’impact sur le loyer ou le prix de vente, puis arbitrer. Attendre est parfois la pire option, surtout quand le marché se retourne ou que la réglementation se précise.

La pression sur le marché locatif ne disparaît pas

L’annonce gouvernementale ne règle pas le fond du problème : le parc locatif manque de logements et une partie d’entre eux demande des travaux lourds. L’État cherche à éviter qu’un trop grand nombre de biens sortent du marché en même temps. Mais ce répit ne vaut pas blanc-seing. Les passoires thermiques restent sous surveillance, et les bailleurs savent qu’un logement mal classé devient de plus en plus difficile à défendre, face aux locataires comme face aux acheteurs.

Pour les professionnels, l’enjeu est double. Il faut accompagner les propriétaires dans leurs arbitrages et éviter les erreurs de calendrier. Il faut aussi expliquer, sans dramatiser ni minimiser, ce que la réglementation autorise encore. Car sur ce terrain, l’approximation coûte cher : un bail signé trop vite, une annonce mal rédigée, un bien mis sur le marché sans vérification complète peuvent se transformer en problème bien plus lourd qu’un simple retard de travaux.

Ce que les propriétaires doivent retenir tout de suite

Le signal est clair : l’interdiction de louer les logements F ou G n’est pas effacée, mais elle entre dans une phase de recomposition. Le gouvernement veut éviter une coupure trop nette dans l’offre locative. Les propriétaires, eux, doivent comprendre que la marge de manœuvre existe, mais qu’elle s’accompagne d’une exigence supplémentaire : démontrer la trajectoire de travaux, respecter le calendrier et anticiper les effets sur la valeur du bien.

Pour FranceDiagnostic.immo, la lecture la plus utile est celle-ci : il ne suffit plus de savoir si un logement est énergivore. Il faut savoir ce qu’on peut en faire, à quel moment, et à quel prix.

FAQ

Un logement classé F ou G peut-il encore être loué ?

Oui, selon le cadre annoncé, mais la location peut être conditionnée à la réalisation de travaux dans un délai fixé par le texte applicable.

Faut-il retirer immédiatement un bien F ou G du marché ?

Pas nécessairement. Il faut d’abord vérifier le classement du logement, le calendrier réglementaire et la situation exacte du bail ou de la future mise en location.

La vente d’un logement F ou G est-elle bloquée ?

Non, la vente n’est pas interdite. En revanche, l’étiquette énergétique pèse sur le prix, la négociation et les travaux que l’acheteur devra assumer.

Que doit vérifier un propriétaire avant de publier une annonce ?

Le classement énergétique exact, la date du DPE, les obligations liées à la location et la faisabilité de travaux si le logement est concerné par l’interdiction de louer.

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