DPE : les logements A à C divisent la facture de chauffage, et les passoires thermiques n’ont plus beaucoup d’excuses

Le DPE n’est plus seulement une lettre, c’est une facture avant la facture

Pendant des années, le DPE a été traité comme un papier de plus dans le dossier immobilier. Une lettre, deux couleurs, quelques recommandations, et cette impression très française que le document avait surtout été inventé pour donner du travail aux imprimantes. Cette époque est terminée.

La dernière analyse relayée par Effy remet les choses dans le bon ordre : le DPE n’est pas une décoration réglementaire. C’est un indicateur qui se retrouve, tôt ou tard, dans le portefeuille. Selon une étude Watt Watchers menée sur 21 000 foyers français pendant l’hiver 2025-2026, à partir de 158 millions de données issues de compteurs communicants, les logements classés A à C consomment jusqu’à deux fois moins d’énergie pour le chauffage que les logements classés F et G. À surface et localisation comparables, l’écart de consommation de chauffage atteint de 39 % à 52 % en faveur des logements les mieux classés. 

Voilà qui a le mérite de calmer l’ambiance. Le DPE n’est pas parfait. Il peut être discuté, contesté, amendé, amélioré. Mais lorsqu’un logement performant consomme presque moitié moins qu’une passoire thermique pour se chauffer, on quitte le débat de salon pour entrer dans la réalité du compteur.

Le chauffage reste le grand ogre de la consommation domestique

L’étude citée par Effy rappelle une évidence que beaucoup de ménages redécouvrent chaque hiver avec la tendresse d’un avis d’échéance : le chauffage pèse lourd. Très lourd. Durant l’hiver, il peut représenter jusqu’à 64 % de la consommation totale d’un foyer. 

C’est le poste qui décide souvent de la trajectoire de la facture. Le réfrigérateur peut ronronner, la box peut clignoter, les chargeurs peuvent jouer les parasites électriques dans les prises : tout cela compte. Mais quand le chauffage s’emballe, le reste de la maison ressemble vite à une chorale de petits consommateurs face à un ténor qui chante trop fort.

C’est aussi pour cela que la performance thermique du logement devient un sujet central. Dans un bien correctement isolé, avec des équipements efficaces, des déperditions maîtrisées et une enveloppe cohérente, le chauffage travaille moins pour produire le même confort. Dans une passoire thermique, il court après la chaleur comme un facteur poursuivi par un chien : beaucoup d’efforts, peu de dignité, et une facture à la fin.

A à C contre F et G : le match est brutal

Le chiffre principal est simple : les logements classés A à C consomment beaucoup moins pour le chauffage que les logements classés F et G. Effy indique que, toutes choses comparables par ailleurs, les écarts atteignent de 39 % à 52 %. 

Cela confirme une chose : le classement énergétique n’est pas seulement une appréciation abstraite. Il traduit une réalité physique. Un logement bien isolé limite les pertes. Un système de chauffage performant produit mieux. Une ventilation adaptée évite les désordres. Des parois moins froides améliorent le confort ressenti. Et l’ensemble réduit les besoins.

À l’inverse, un logement classé F ou G impose souvent une double peine. Il coûte plus cher à chauffer, mais il peut aussi rester moins confortable. Le ménage paie davantage sans toujours obtenir une température stable. C’est le genre de marché que personne ne signerait volontairement, sauf sous la pression d’un marché locatif tendu ou d’un achat mal anticipé.

Le DPE dit beaucoup, mais il ne dit pas tout

Le point intéressant de l’étude est qu’elle ne transforme pas le DPE en oracle infaillible. Elle montre aussi que les usages des occupants peuvent faire varier fortement la facture. À performance énergétique équivalente, les consommations peuvent varier jusqu’à 90 % selon les comportements. 

Ce chiffre est essentiel. Il évite deux erreurs. La première serait de croire qu’un bon DPE dispense de toute sobriété. La seconde serait de faire croire que les écogestes suffisent à compenser un mauvais logement.

La vérité se situe entre les deux, comme souvent dans l’immobilier, ce sport où les réponses simples finissent généralement chez le notaire avec des réserves. Le logement fixe le cadre technique. L’occupant décide ensuite de la manière dont il l’utilise. Un appartement bien classé chauffé à 23 °C fenêtres entrouvertes peut devenir un gouffre élégant. Une maison moyenne bien pilotée peut limiter les dégâts. Mais une passoire thermique restera une passoire thermique, même avec un locataire très discipliné et un plaid à manches.

21 °C au lieu de 19 °C : le petit luxe qui coûte cher

L’étude donne un exemple très parlant : un foyer chauffé à 21 °C consomme jusqu’à 14 % de plus qu’un logement maintenu à 19 °C. 

Deux degrés. Sur le thermomètre, cela paraît presque rien. Sur la facture, c’est déjà une conversation sérieuse. C’est aussi là que le confort ressenti entre en jeu. Dans un logement bien isolé, 19 °C peuvent être acceptables, parfois confortables, parce que les parois sont moins froides et les courants d’air réduits. Dans un logement mal isolé, 19 °C peuvent donner l’impression d’habiter une cave polie. On pousse alors à 20, puis 21, puis 22 °C, non par goût du gaspillage, mais parce que le bâti ne fait pas son travail.

Ce détail change la lecture du sujet. Dire aux ménages de baisser le chauffage est utile. Mais si le logement transforme chaque degré en combat contre les murs froids, la vraie solution ne se trouve pas uniquement dans le thermostat. Elle se trouve dans l’isolation, les menuiseries, la ventilation, l’étanchéité à l’air, les équipements et la cohérence globale du bien.

Les écogestes fonctionnent, mais ils restent trop peu adoptés

Effy rapporte plusieurs leviers issus de l’étude. Baisser le chauffage de 1 °C permet en moyenne 7 % d’économies. Ajuster les plages de chauffe selon les pièces et les moments de la journée peut générer jusqu’à 12 % d’économies. Pourtant, seuls 22 % des foyers analysés ont réduit leur température de chauffage lorsque cela était pertinent, et moins de 12 % optimisent régulièrement leurs plages de chauffe. 

Ce constat est intéressant parce qu’il montre que les outils existent, mais que l’usage ne suit pas toujours. Le thermostat programmable, les radiateurs bien réglés, les horaires adaptés, les pièces moins chauffées la nuit ou en journée, tout cela paraît simple. Mais dans la vraie vie, le logement est occupé par des humains, pas par un logiciel de pilotage énergétique. Les habitudes, les horaires, le télétravail, les enfants, les sensations de froid, les logements mal répartis, les équipements anciens : tout cela complique le beau tableau.

Il ne faut donc pas opposer les travaux aux usages. Les deux se complètent. Une rénovation améliore la base technique. Les usages optimisent le résultat. Mais demander aux seuls comportements de résoudre la facture d’un logement classé F ou G revient à demander à un parapluie de réparer une toiture.

La passoire thermique coûte deux fois : en énergie et en valeur

Ce type d’étude renforce une réalité que le marché immobilier commence à intégrer. Un logement mal classé ne coûte pas seulement plus cher à occuper. Il pèse aussi sur la valeur du bien, sur sa capacité à être loué, sur les négociations à la vente et sur la stratégie patrimoniale du propriétaire.

Un mauvais DPE déclenche désormais des questions immédiates. Combien coûtent les travaux ? Quelles aides sont disponibles ? Le logement pourra-t-il encore être loué ? Le chauffage est-il adapté ? Les fenêtres ont-elles été changées ? La ventilation est-elle correcte ? Le DDT vente devient alors plus qu’un dossier de conformité. Il devient le début d’une enquête sur le vrai coût du logement.

Pour un bailleur, le sujet est encore plus sensible. Le DDT location et le DPE transmis au locataire ne sont plus des pièces secondaires. Ils peuvent influencer la décision de louer, la perception du logement, et demain, plus encore, la possibilité réglementaire de rester sur le marché. Dans un contexte où les logements F et G sont sous surveillance, afficher une consommation de chauffage nettement supérieure n’est pas exactement un argument de séduction.

Le DPE C devient une zone de confort stratégique

On parle souvent des logements A et B comme d’un idéal. C’est logique. Mais dans le parc existant, la classe C mérite une attention particulière. Elle représente souvent une cible réaliste pour de nombreux projets de rénovation. Elle permet de sortir de la zone dangereuse, d’améliorer le confort, de réduire les consommations et de rendre le logement plus lisible pour un acheteur ou un locataire.

L’étude citée par Effy regroupe les logements A à C parmi les logements les plus performants. Ce choix est intéressant, car il montre que l’objectif n’est pas nécessairement de transformer toute la France en showroom thermique de niveau A. Le vrai enjeu, pour beaucoup de propriétaires, consiste déjà à quitter les classes F et G, puis à viser un niveau permettant un usage raisonnable, une facture contenue et une meilleure valeur de marché. 

Dans cette logique, le DPE C devient un cap immobilier. Pas un trophée, mais un seuil de tranquillité relative. Celui qui rassure les banques, les acheteurs, les locataires et parfois même les propriétaires eux-mêmes lorsqu’ils ouvrent leur facture de janvier.

Les travaux restent incontournables, les usages font la différence

Effy conclut que la baisse durable de la facture repose à la fois sur l’amélioration des performances thermiques du logement et sur l’évolution des usages quotidiens. Les travaux peuvent être accompagnés par différents dispositifs, comme MaPrimeRénov’, les primes issues des certificats d’économies d’énergie ou l’éco-prêt à taux zéro. 

C’est la bonne lecture. Une maison mal isolée ne devient pas sobre par décret mental. Il faut traiter les causes : combles, murs, planchers, fenêtres, chauffage, régulation, ventilation. Mais une maison rénovée ne donne pas automatiquement sa meilleure performance si elle est utilisée sans pilotage. La rénovation crée le potentiel. L’usage le transforme en économie réelle.

Cette distinction est capitale pour les particuliers. Après travaux, certains s’attendent à une facture divisée comme dans une publicité bien coiffée. Dans la réalité, le gain dépend aussi de la température choisie, de la durée de chauffe, des pièces chauffées, des équipements d’appoint, de l’entretien et de la manière dont le logement est occupé. L’économie n’est pas une promesse abstraite. C’est une mécanique.

Ce que cette étude change pour les propriétaires

Pour un propriétaire occupant, l’étude confirme que la rénovation énergétique n’est pas seulement un sujet de vertu climatique. C’est un sujet de confort et de facture. Réduire de 39 % à 52 % les besoins de chauffage par rapport à une passoire thermique, à conditions comparables, ce n’est pas une nuance. C’est un changement de vie domestique. 

Pour un propriétaire bailleur, le signal est encore plus clair. Un logement mal classé devient plus difficile à défendre. Le locataire peut tolérer une cuisine vieillotte, un carrelage discutable ou une peinture dont la couleur aurait dû rester dans les années 1990. Il tolère de moins en moins une facture de chauffage qui double sans offrir de confort.

Pour un vendeur, enfin, le DPE devient un élément de négociation structurel. Le prix d’un bien ne dépend plus seulement de la surface, de l’adresse ou de l’étage. Il dépend aussi de la trajectoire énergétique. Un logement classé F ou G appelle presque automatiquement un budget travaux. Et dans un marché immobilier plus sélectif, ce budget finit souvent par descendre dans le prix.

Ce que cette étude change pour les locataires

Pour un locataire, le message est simple : le DPE doit être lu avant de signer, pas découvert après la première facture. Un logement classé A, B ou C promet généralement des besoins de chauffage plus faibles qu’un logement F ou G, même si les usages restent déterminants. L’écart de 39 % à 52 % rapporté par Effy montre que le classement énergétique peut peser lourd dans le budget d’hiver. 

Cela ne veut pas dire qu’il faut choisir uniquement sur la lettre. Il faut aussi regarder le mode de chauffage, l’isolation, l’exposition, le type de logement, le montant estimé des dépenses énergétiques et les recommandations du diagnostic. Mais ignorer le DPE revient désormais à signer un bail en fermant les yeux sur une partie du loyer réel : celui que l’on verse au fournisseur d’énergie.

Le vrai enseignement : le bon logement coûte moins cher à vivre

Cette étude remet une idée simple au centre du marché : un logement ne se juge pas uniquement à son prix d’achat ou à son loyer. Il se juge aussi à son coût d’usage. Et dans ce coût d’usage, le chauffage reste l’un des grands arbitres.

Un logement performant ne se contente pas d’être mieux classé. Il consomme moins, offre un confort plus stable, valorise mieux le bien, limite les mauvaises surprises et réduit la dépendance aux hausses d’énergie. Un logement mal classé, lui, peut sembler acceptable au moment de la visite, surtout si le soleil donne et que le radiateur se tait. Mais l’hiver finit toujours par faire parler les murs.

Le DPE n’est donc plus un papier de fin de dossier. C’est une lecture économique du logement. Une manière d’anticiper ce que coûtera réellement le bien une fois habité. Et quand les logements A à C consomment jusqu’à deux fois moins que les F et G pour le chauffage, la lettre sur l’annonce devient soudain beaucoup moins décorative.

FAQ

Les logements bien classés au DPE consomment-ils vraiment moins pour le chauffage ?

Oui. Selon l’étude Watt Watchers relayée par Effy, les logements classés A à C consomment de 39 % à 52 % d’énergie de chauffage en moins que les logements classés F et G, à surface et localisation comparables. 

Quelle part représente le chauffage dans la consommation d’un foyer ?

Durant l’hiver, le chauffage peut représenter jusqu’à 64 % de la consommation totale d’un foyer, selon l’étude citée par Effy. 

Le DPE suffit-il à expliquer toute la facture de chauffage ?

Non. Le DPE indique la performance énergétique du logement, mais les usages des occupants restent déterminants. À performance équivalente, les consommations peuvent varier jusqu’à 90 % selon les comportements. 

Combien coûte le fait de chauffer à 21 °C plutôt qu’à 19 °C ?

Selon l’étude citée par Effy, un foyer chauffé à 21 °C peut consommer jusqu’à 14 % de plus qu’un logement maintenu à 19 °C. 

Baisser le chauffage de 1 °C permet-il vraiment d’économiser ?

Oui. Baisser le chauffage de 1 °C permet en moyenne 7 % d’économies, selon les données relayées par Effy. 

Pourquoi les logements F et G coûtent-ils plus cher à chauffer ?

Les logements F et G présentent généralement davantage de déperditions thermiques, une isolation insuffisante ou des équipements moins performants. Ils ont donc besoin de plus d’énergie pour atteindre un niveau de confort comparable.

Faut-il rénover ou seulement changer ses habitudes ?

Les deux leviers sont complémentaires. Les écogestes permettent de réduire la consommation, mais les travaux restent indispensables lorsque le logement est mal isolé ou mal équipé. La rénovation améliore la base technique, tandis que les usages permettent d’en tirer le meilleur résultat.

Besoin d’un devis de diagnostic immobilier ?

Expliquez votre projet en quelques clics et accédez à une demande de devis claire, rapide et adaptée à votre bien.

FD Faire ma demande de devis