Réforme du DPE, nouvelle grille, effets en chaîne sur les annonces et les ventes : le sujet n’a rien d’abstrait. À l’horizon 2027, une baisse du coefficient de l’électricité dans le calcul pourrait faire remonter d’un cran certains logements chauffés à l’électrique. Pour les propriétaires qui vendent, louent ou arbitrent un bien, l’enjeu est immédiat : savoir quels diagnostics vérifier, ce que le DPE peut vraiment changer et ce qu’il faut anticiper avant de signer.
Le chantier est technique, mais ses conséquences sont très concrètes. Depuis le passage du coefficient d’énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9, entré en vigueur en 2024, l’État assume une ligne claire : corriger la place du chauffage électrique dans l’étiquette énergétique. Un nouveau projet d’arrêté prévoit d’aller plus loin au 1er janvier 2027, avec un coefficient ramené à 1,7. Dans les faits, certains biens pourraient alors gagner une classe sans qu’aucun mur n’ait été isolé ni chaudière remplacée.
Ce qui pourrait changer dans le DPE en 2027
Le cœur du sujet est là : la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique. Elle ne juge pas seulement la consommation réelle d’un logement, mais aussi l’énergie primaire associée à l’électricité. En abaissant ce coefficient, le calcul devient mécaniquement plus favorable aux biens chauffés à l’électrique, en particulier dans les petites surfaces et les logements anciens où ce mode de chauffage est fréquent.
Les professionnels le savent : un saut de classe peut changer le destin commercial d’un bien. Un appartement qui sort du statut de passoire, une annonce qui devient plus lisible, un bailleur qui respire un peu face au calendrier d’interdiction de location, un vendeur qui évite une décote trop brutale. Mais attention au réflexe de court terme : le DPE ne devient pas magique pour autant. Un logement mal conçu, humide, mal ventilé ou énergivore restera un dossier fragile, même avec une meilleure étiquette.
Cette perspective crée d’ailleurs une ligne de partage nette entre les biens. Les gagnants potentiels sont souvent des logements électriques déjà proches d’une marche supérieure : studio, T1, T2 de centre-ville, copropriétés sans chauffage collectif lourd, appartements rénovés partiellement mais pénalisés par le coefficient actuel. À l’inverse, un bien déjà bien classé au gaz ou au bois ne profitera pas forcément de la réforme.
Avant de vendre ou louer, les diagnostics à remettre à plat
C’est ici que FranceDiagnostic.immo apporte la lecture utile. La réforme du DPE ne dispense de rien. Au contraire, elle oblige à reprendre le dossier en main avant toute vente ou mise en location.
Premier point : vérifier la validité du DPE en cours. S’il est ancien, son classement peut ne plus refléter la nouvelle logique à venir. Deuxième point : contrôler l’ensemble du dossier de diagnostic technique selon le type de bien, l’année de construction et l’usage. Vente et location ne reposent pas sur les mêmes pièces, et une erreur de liste peut bloquer une signature ou fragiliser une annonce.
Pour une vente, il faut notamment sécuriser les diagnostics liés à l’état du bien, à sa surface lorsqu’elle est requise, et aux installations si elles sont concernées. Pour une location, la vigilance porte aussi sur la cohérence entre l’annonce, le bail et les pièces fournies au locataire. Un propriétaire qui mise tout sur une future amélioration de classe sans vérifier le reste s’expose à des retards, à des contestations, parfois à une négociation plus dure que prévu.
Autre point souvent négligé : la date de réalisation des diagnostics compte autant que leur contenu. Un logement peut être techniquement inchangé mais administrativement mal armé. Et dans un marché où les acheteurs comme les locataires comparent vite, la qualité du dossier pèse presque autant que la qualité du bien.
Qui gagne, qui perd, et pourquoi les agences doivent s’en saisir
Les premiers gagnants d’une réforme de ce type sont les propriétaires de biens chauffés à l’électrique, surtout lorsque la frontière entre deux classes est serrée. Les bailleurs y voient une bouffée d’oxygène, les vendeurs un argument de négociation, les agences un outil de réassurance pour relancer certains mandats.
Mais le sujet a aussi ses perdants potentiels : les logements déjà fragiles qui ne franchiront pas la marche, ou ceux dont la meilleure note apparente ne masque pas les défauts de fond. Car un DPE plus favorable ne remplace ni des menuiseries défaillantes ni une ventilation absente. Le marché, lui, sait très vite distinguer l’amélioration de façade de la vraie remise à niveau.
Les agences immobilières ont donc un rôle de tri et d’explication. Elles devront pouvoir dire ce qui relève du calcul, ce qui relève des travaux, et ce qui doit être vérifié avant publication. C’est particulièrement vrai sur la location, où les seuils réglementaires et les attentes des candidats locataires ne laissent plus beaucoup de marge aux approximations.
Ce qu’il faut surveiller d’ici l’entrée en vigueur
La consultation publique, le calendrier réglementaire et la version définitive du texte seront déterminants. Entre un projet d’arrêté et son application réelle, il peut y avoir des ajustements. Les propriétaires auraient tort de bâtir une stratégie sur une annonce encore mouvante. En revanche, ils auraient tout autant tort d’attendre le dernier moment pour faire contrôler leur dossier.
En pratique, le bon réflexe n’est pas de spéculer sur une future classe gagnée, mais de vérifier maintenant le diagnostic immobilier, de rassembler les pièces utiles et d’identifier les biens qui pourraient basculer d’un seuil à l’autre. Pour certains, cela changera la valeur perçue. Pour d’autres, seulement la façon de présenter le logement. Dans tous les cas, le marché n’aime pas les dossiers incomplets.
FAQ
Quels logements pourraient gagner une classe avec la réforme du DPE ?
Surtout les biens chauffés à l’électricité, notamment ceux dont la note actuelle est proche d’un seuil de changement de classe.
La réforme du DPE concerne-t-elle tous les logements de la même façon ?
Non. Son effet dépend du mode de chauffage, de la surface, de la configuration du bien et de sa classe actuelle.
Faut-il refaire tous les diagnostics avant de vendre ou louer ?
Pas automatiquement, mais il faut vérifier leur validité, leur cohérence et la complétude du dossier selon le type de bien et l’opération.
Un meilleur DPE suffit-il à sécuriser une vente ou une location ?
Non. Il peut améliorer la perception du bien, mais il ne remplace ni un dossier technique complet ni la vérification des autres points réglementaires.